Suite des façons de faire de Wikipédia

Suite de ce que m’inspirent Wikipédia et ses rédacteurs.

Vous trouverez ci-dessous, ma dernière vidéo enregistrée avec les excellents journalistes de Média presse Info.

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Les-mensonges-de-Wikipedia-suite-36937.html

La discussion à laquelle je fais référence se trouve ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Marion_Sigaut

La transcription et les liens pour prendre connaissance du montage de Conspiracy Watch, site animé par un certain Rudy Reichstadt sont ci-dessous.
J’attends vos commentaires.

Le 10 juillet 2013, le site a publié des extraits de ma première vidéo chez E&R, datée de janvier 2012, précédée du commentaire suivant :

wikipediaD’Etienne Chouard, qui salue son «courage» (sic), à Dieudonné, qui l’accueille dans son théâtre, en passant par Alain Soral, qui assure la promotion de ses écrits et de ses vidéos, Marion Sigaut s’est incontestablement fait un nom dans la complosphère francophone. Au regard de la vidéo qui suit, on comprend pourquoi…

http://www.conspiracywatch.info/Marion-Sigaut-forever_a1088.html

En voici la transcription :
Alors il y a un monsieur qui s’appelle Michel Foucault qui a abondamment parlé de l’hôpital général pour en dire des trucs qui montrent qu’il n’a rien compris à ce que c’était que l’hôpital général, mais il y a une version officielle. C’était une théorie de complot, les gens croyaient qu’on enlevait leurs enfants. Évidemment qu’on les enlevait !
Dans le même milieu, existe une organisation secrète qui s’appelle la compagnie du Saint-Sacrement. Oui ça rappelle quelque chose ! Ça rappelle certainement quelque chose. Ça ne les empêchait pas d’aller aux putes ! Ca on le sait. Des bigots donneurs de leçons qui partouzaient en privé et qui donnaient des leçons de morale en public.
On séparait les maris des femmes, on séparait les mères des enfants, on séparait les pères des enfants par la même occasion,
Des gens que personne ne contrôle. Qu’est-ce qu’on en fait ?
J’ai cherché, je n’ai pas trouvé parce que c’était un état dans l’Etat, parce que c’était une secte, parce que c’était certainement satanique, il y a des tas d’indications qui tendent à prouver qu’il y avait des choses à comprendre de ce côté-là,
Ces enfants disparaissaient par milliers, et ces gens-là ont la mainmise absolue sur un réservoir d’enfants qui rentrent et qui disparaissent.
Et on se met à enlever des enfants, brusquement ? Allons allons, qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ?
Comment faisaient les policiers pour enlever des enfants ?
Il y a eu un procès, truqué, abominablement truqué. Tout, tout correspond. Et on l’a retiré du procès. C’est là que je vois que le procès de Damiens est truqué. C’est cousu de fil blanc, c’est ça qu’on veut nous cacher. C’est ça qu’on veut cacher.
Le roi est pédophile, c’est eux qui l’ont voulu, c’est eux qui l’ont manigancé, c’est eux qui l’ont écrit, c’est eux qui l’ont fait appliquer, et ils y ont assisté jusqu’à la fin.
Et c’est une atrocité sans nom. Ça a été hallucinant
Je dis certainement n’importe quoi.

A la fin du montage on voit un individu qui rit : « Excuse-moi mais ce n’est pas possible ! »

Ce montage a été fait à partir de :
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Entretien-avec-Marion-Sigaut-10398.html
parue en janvier 2013 sur le site E&R

En voici la transcription.
En bleu, les parties de phrases qui ont servi à faire le montage.
En rouge, les parties de phrases qui ont servi à faire le montage mais ont été déplacées avant le passage d’où elles sont extraites.
Dans la deuxième partie, à partir de la minute 0’43’’

Il est quand même certain, et ça jusqu’à preuve du contraire, qu’il n’y avait aucun rapport entre les enlèvements d’enfants et la pédophilie royale.
Une parenthèse : pendant longtemps on a dit « les Parisiens ont prétendu qu’on enlevait leurs enfants. » c’est-à-dire que les Parisiens, pour un certain nombre d’historiens ou de chroniqueurs, étaient tellement bêtes qu’ils croyaient qu’on enlevait leurs enfants alors que c’était « même pas vrai ! » Il ne faut pas rigoler !
Mais il y a une version officielle : c’était une théorie de complot, les gens croyaient qu’on enlevait leurs enfants. Évidemment qu’on les enlevait ! Moi j’ai trouvé en travaillant dans les archives, j’ai trouvé la liste des gosses qu’on avait enlevés, où on les emmenait etc. C’était une réalité. Il y a eu des dépôts de plaintes, et des émeutes sanglantes.
On peut faire partie des gens qui disent « le peuple il fait des émeutes parce que c’est des abrutis, c’est des sauvages et parce que c’est des terroristes et que la police, même qu’elle a rien fait… » et puis il y a des gens comme moi qui disent « s’il y a des dépôts de plaintes, s’il y a des manifestations, s’il y a des émeutes, c’est qu’il se passe quelque chose ».
Et des condamnations aussi.
Oui des condamnations. Mais au début je ne le savais pas forcément. Parce qu’il faut avoir étudié le dossier pour savoir qu’il y avait eu des condamnations.
Il y a un certain nombre de références dans un certain nombre de livre d’Histoire qui disent « les gens croyaient que » et puis on passe à autre chose. On ne va pas au bout en disant qu’il y a eu des procès.
Donc en réfléchissant, en étudiant cette histoire d’enlèvements d’enfants, d’émeutes et de plaintes, je me suis dit « mais où est-ce que vont ces enfants ? » J’ai trouvé que les enfants étaient envoyés dans une institution qui s’appelle l’hôpital général.
Qu’est-ce que c’était que l’hôpital général ? Je ne savais pas, je ne connaissais pas. Je débutais dans la recherche historique.
Alors il y a un monsieur qui s’appelle Michel Foucault qui a abondamment parlé de l’hôpital général pour en dire des trucs qui montrent qu’il n’a rien compris à ce que c’était que l’hôpital général, mais il y a une explication à ça c’est que ce monsieur est philosophe, et pas historien. Alors moi je fais l’hôpital général comme historienne, comme philosophe je n’ai pas de prétention, je parle d’autre chose.
L’hôpital général c’était le lieu de rassemblement et de renfermement (comme on disait à l’époque) de tous mes miséreux du royaume. On avait interdiction en France de mendier, dès que vous aviez perdu votre gagne-pain ou votre pitance pour quelque raison que ce soit, vous deveniez à la charge de la société. Si on vous prenait à mendier, c’était les galères, le fouet etc.
Tout mendiant ou toute personne en situation d’être obligé de mendier devait se laisser enfermer à l’hôpital général
L’hôpital général est une institution qui est née à Paris, et ensuite qui a essaimé à travers toute la France. Toute ville de France a eu son l’hôpital général, dans lequel les pauvres avaient obligation de se laisser enfermer. Pour ne plus être à la charge… la mendicité c’était quand même un fléau.
Et l’hôpital général est né au lendemain de la Fronde.
La Fronde c’est quatre ans de guerre civile qui se termine par l’arrivée au pouvoir de Louis XIV. Quatre ans de guerre civile au milieu du 17e siècle, qui met sur les routes et aux portes des villes (pourquoi est-ce que les gens qui sont miséreux à la campagne viennent à Paris ? Parce que les villes sont alimentées en grains, et que les miséreux suivent le blé. Ils vont là où est le pain).
Donc les miséreux, autour de la région parisienne… la Fronde ça a été quatre ans de guerre pendant laquelle quand les armées de la Fronde avançait, sur 40 km il ne restait plus rien. Brûlés, violés, pendus, torturés, c’était une horreur qui a duré quatre ans.
Et au lendemain de la Fronde il y a dans Paris des miséreux partout.
Il y a deux façons de réagir à cette misère (je parle du siècle de Louis XIV), vous avez la façon de Saint Vincent de Paul, c’est-à-dire la bonté, le secours, on va organiser les secours. Saint Vincent de Paul était un homme d’Église mais une personnalité à lui tout seul.

Question :
C’était dans la philosophie de l’Église de s’occupe des miséreux.

Réponse Marion Sigaut :
Tout à fait. C’est sa raison d’être. C’est sa mission. Mais il y avait des façons… les structures habituelles de secours aux miséreux ne suffisaient plus. Toute paroisse, tout village, tout château, toute seigneurie avait sa façon de procéder avec les miséreux.
Mais là il y avait un afflux, il y avait des gens dans les rues ; il y avait une misère épouvantable, des enfants perdus, abandonnés partout. C’était vraiment absolument atroce. Et la façon de réagir qu’a eue Vincent de Paul, qui a été canonisé au siècle suivant, (c’était un prêtre, c’était la bonté personnifiée) : lui son idée était qu’il faut faire tout ce qui est humainement possible pour soulager la misère. Faire en sorte que les gens souffrent moins, le moins possible. Soulager la souffrance, soulager la misère, aider les gens à se sentir mieux.
Et en face de lui, dans le même milieu, existe une organisation secrète qui s’appelle la compagnie du Saint-Sacrement dont Molière a abondamment parlé puisque c’est les gens qu’il dénonce dans Tartuffe, qui disent « les miséreux sont des gens qui sont feignants, on sait très bien que l’agriculture manque de bras, qu’est-ce que c’est que tous ces miséreux qui viennent vous agiter leurs plaies et leurs escarres ! Ces gens-là il n’y a qu’à les mettre à travaille. Il y a du travail en France ! »
Alors d’ un côté, les miséreux on les secourt, et en face on les enrégimente.
C’est étonnant comme discours. ,
Oui ça rappelle quelque chose ! Ça rappelle certainement quelque chose.
Donc la compagnie du Saint-Sacrement, qui était organisée en société secrète, c’était des notables, majoritairement des magistrats, mais il y avait aussi des notaires, des avocats, des bourgeois, c’était un petit monde de gens qui aient plus papistes que le pape et plus catholiques que le Vatican qui voulaient faire le bien et porter la bonne parole évangélique. Et qui voulaient qu’à chaque fois que le Saint-Sacrement était trimballé dans Paris la rue s’arrête et les gens signent, se mettent à genoux et plongent et fassent de dévotions.
C’était des bigots, des laïcs bigots qui se mêlaient de ce qui ne les regardait pas. Parce que l’Église était entre les mains des prêtres, et tous ces gens-là étaient des laïcs qui trouvaient que l’Église était trop tendre et qu’il fallait être plus sévère.
Leur sévérité, elle avait deux façons de s’exprimer. Il y avait vis-à-vis des prostituées par exemple, une prostituée c’était une femme perdue, il n’y avait qu’à l’attraper et la fouetter devant tout le monde. Eh ben voyons !
Ça ne les empêchait pas d’aller aux putes ! Ça on le sait.
Les mêmes avec lesquelles ils couchaient dans la semaine il les faisaient fouetter le dimanche. Non, je ne sais pas si c’était le dimanche, je dis certainement n’importe quoi ! Ce que je veux dire c’est que c’était une hypocrisie sans nom, c’était des salopards.
Des bigots donneurs de leçons qui partouzaient en privé et qui donnaient des leçons de morale en public.
Et ces gens-là ont inventé l’hôpital général. C’est-à-dire un lieu de renfermement, de tous les gens qui n’étaient pas en mesure de se soutenir matériellement, l’idée étant de les enfermer dans un lieu qui s’appellerait l’hôpital général dans lequel on leur donnerait à travailler.
Il y a des tas de gens qui ont trouvé ça très, très bien comme solution, notamment les donneurs d’ordres, les entreprises de filage, de tricotage et de trucs comme ça. Ils ont dit « ah vous avez des gens qu’il faut occuper ? Allons-y ». C’était quoi ? C’était du travail forcé. On mettait des gens dans une situation où ils étaient totalement interdits de sortir. Ils étaient obligés de se laisser enfermer, on séparait les maris des femmes, on séparait les mères des enfants, on séparait les pères des enfants par la même occasion, les femmes étaient à la Salpêtrière, qui porte toujours le même nom, les hommes étaient à Bicêtre, qui porte toujours le même nom, et les enfants étaient quelque part entre la Salpêtrière et la Pitié. Géographiquement, la Pitié à l’époque c’est là où est aujourd’hui la mosquée de Paris. Quand on regarde la mosquée de Paris, on se dit « là, il y a 200 ans, il y avait La Pitié ». J’ai d’ailleurs trouvé une photo qui a été prise dans le courant du 19e siècle, avant la destruction de l’ancien hôpital de la Pitié des photos ont été prises.
On dispose, concernant Paris, des photos concernant le 18e siècle qui ont été prises au 19e avant que Paris soit détruit…
Les enfants étaient mis à la Pitié, c’est un truc absolument inhumain, absolument atroce, on séparait les familles, et on les mettait au travail forcé dans des conditions d’hygiène épouvantables, épouvantables. Et c’est un système dont j’ai lu la définition un jour en parlant d’un autre système que tout le monde comprend : c’est concentrationnaire. Ce qu’ont inventé les dévots de la compagnie du Saint-Sacrement c’est un système dans lequel des civils sont enfermés dans une aire d’où ils ne peuvent absolument pas sortir, soumis à l’arbitraire, au travail forcé, à la misère, à la torture, à tout ce qu’on peut imaginer de pire, c’est-à-dire dans un lieu clos dans lequel les gens qui dirigent sont à l’abri du regard et de la critique. C’est-à-dire que c’est un pouvoir incommensurable, absolument illimité, sur des gens sans défense et par des gens que personne ne contrôle.

Au moment où Louis XIV a signé le décret de fondation de l’hôpital général, il était très jeune. C’aurait été dix ans après, il n’aurait jamais signé un truc comme ça. Il donnait tout pouvoir aux juges qui avaient rédigé les statuts, il leur donnait tout pouvoir d’administrer l’hôpital général, d’être juges et parties dans tous les procès qui y auraient lieu, de nommer eux-mêmes un receveur, il leur donnait les pleins pouvoirs. Sans aucune possibilité de contrôle extérieur, y compris le pouvoir religieux. C’est-à-dire que toute l’organisation de l’hôpital général était faite de telle sorte que personne pas même l’Église ne pouvait regarder ce qui s’y passait.
En principe à l’époque, l’Église c’est-à-dire l’archevêque de Paris devait siéger de droit à l’hôpital général, mais il n’y a jamais siégé de fait. Or, quand la compagnie du Saint-Sacrement a été détruite par Mazarin, parce que c’était un état dans l’Etat, parce que c’était une secte, parce que c’était certainement satanique, il y a des tas d’indications qui tendent à prouver qu’il y avait des choses à comprendre de ce côté-là, la compagnie du Saint-Sacrement c’était un état dans l’État, c’était absolument inenvisageable de maintenir une société secrète organisés par les plus importants personnage de l’État, dans un royaume dirigé par Louis XIV. Donc Louis XIV a interdit la compagnie du Saint-Sacrement, mais l’hôpital général il restait quoi ? Qui allait diriger ? Toujours des magistrats, toujours du Parlement de Paris, mais jansénistes.
C’était quoi le jansénisme ? C’était une organisation de personnes, qui correspondent tout à fait à la mentalité de la compagnie du Saint-Sacrement, ce sont des gens qui disent que Dieu n’a pas donné sa grâce de façon équitable à tout le monde. Dieu donne sa grâce à qui Dieu veut. Et singulièrement, c’est ça la théologie protestante.
Ce que dit le catholicisme c’est « la grâce est donnée à tout le monde », et l’homme est libre. Alors que ce que disent les protestants c’est « Dieu choisit à qui il donne la grâce, et l’homme n’est pas libre, il est déterminé à la naissance. » Or le jansénisme c’est un protestantisme pratiquement rigoureusement identique, mais qui prétend ne pas avoir rompu avec Rome. C’est un protestantisme au cœur du catholicisme.
Et Louis XIV les détestait.
Ils avaient la même bigoterie que la compagnie du Saint-Sacrement, la même cruauté vis-à-vis des pauvres, la même conviction que du moment qu’on est riche c’est que Dieu nous a donné la grâce d’avoir la richesse, et les pauvres ils n’avaient qu’à pas… de toute façon ils sont perdus, il n’y a pas de rédemption possible. Et ce sont eux qui se sont trouvés, après l’abolition de la compagnie du Saint-Sacrement, à la tête de l’hôpital général.
Ça a été une abomination. Les atrocités qui ont été commises sur ces miséreux, sur ces pauvres gens (j’ai plus étudié d’ailleurs les femmes à la Salpêtrière que les hommes à Bicêtre, mais il y en a autant du côté des hommes, c’est atroce. C’est vraiment infernal.
Et c’était des gens qui étaient bigots et qui disait « l’Église n’a pas à venir s’occuper des affaires des laïcs. » L’idée de laïcité qui dit que l’Église n’a pas à se mêler de ce qui ne la regarde pas, c’est eux qui l’ont inventé. Mais l’Église elle voulait se mêler de regarder ce qui se passait pour défendre les pauvres. Et les autres disaient « L’Église n’a pas à venir s’occuper des affaires des laïcs. » et en fait personne ne les contrôlait.
Et ça a été tout le drame de l’affaire de l’hôpital général qui va retrouver un siècle plus tard.

Qu’est-ce que c’est que l’affaire de la marche rouge ? Je découvre que les enfants sont enlevés par la police, ils sont envoyés à l’hôpital général. Dirigé pat des magistrats, jansénistes, mais du jansénisme d’un siècle après.
Et le jansénisme du 18e siècle… avant c’était une espèce de théologie, c’était une bigoterie mais c’était aussi une spiritualité, une revendication d’être en lien direct avec Dieu, au 18e siècle on faisait moins de manières par rapport au bon Dieu, par contre on savait dire qu’on était janséniste politique, qu’on veut partager le pouvoir avec le roi etc.
Donc cette affaire des enlèvements d’enfants fait que, pour situer politiquement l’affaire,
Vous avez une magistrature (le Parlement de Paris ce sont les juges) qui est en guerre contre le roi parce que le roi prétend que c’est lui qui commande, et les juges disent « oui majesté, vous commandez mais nous sommes là pour vous dire que là vous vous trompez ». En fait ils sont plus royalistes que le roi et plus papistes que le pape. Ce sont des emmerdeurs. Ils sont enquiquinants au possible, ils sont en corps, ils sont extrêmement puissants, et ils dirigent de main de maître l’hôpital général.
Or la police, qui n’obéit pas aux magistrats puisqu’elle obéit au lieutenant-général de police, emmène les enfants à l’hôpital général. C’est là qu’on trouve le lien entre les magistrats, les enlèvements d’enfants et retour aux magistrats.
Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Qu’est-ce que c’est que ces enfants, qu’est-ce qu’on en fait ?
J’ai cherché, je n’ai pas trouvé ce qu’on a fait quand ils sont sortis, mais j’ai découvert que ces enfants disparaissaient par milliers, c’est-à-dire que l’hôpital général est une institution dirigée par des magistrats prompts à la rébellion, opposants à l’absolutisme royal puisque le roi prétend que c’est lui qui commande mais eux savent que sa majesté ne sait pas que c’est à eux d’expliquer à sa majesté comment il faut faire… Et ces gens-là ont la mainmise absolue sur un réservoir d’enfants qui rentrent et qui disparaissent.
Comment on le sait ? Parce que quand on est historien on aime fouiller, ce que j’ai appris, et l’hôpital général, comme toutes les institutions nées sous le règne de Louis XIV, toute institution royale dans laquelle quelqu’un entre, il doit montrer patte blanche. Une prison ? Écrou. L’hôpital ? registre d’entrée. Un navire ? Rôle d’embarquement. Toute personne qui entre dans une institution royale montre patte blanche à l’entrée et à la sortie. Et on peut comparer les registres d’entrées et de sorties.
Et les registres de l’hôpital général sont des registres intégralement sauvés des incendies de la Commune (en 1871 il y a énormément de documents parisiens qui ont été brûlés) mais les registres d’entrées et de sorties de l’hôpital général ont été sauvés. Ce n’est pas miraculeux, c’est que des gens extraordinaires les ont mis à l’abri quand le danger est arrivé.
Et j’ai épluché à la loupe des centaines et des centaines de fiches d’entrée et de sortie et j’ai vu que des enfants disparaissaient. C’est-à-dire qu’on voit des enfants entrer, on a une durée de séjour à la Salpêtrière, on les voit sortir, quelques-uns avec leur mère, quelques-uns pour aller ici ou là, et des centaines et des centaines pour aller nulle part.
Or j’ai étudié à fond toute la législation d’ancien régime sur qui a autorité sur ces enfants, personne d’autre que les magistrats n’a autorité sur eux.
On ne peut pas dire qu’ils sortent et vont ailleurs. Il n’y a pas d’ailleurs. L’hôpital général était le cœur d’un gigantesque trafic d’enfants. Au bénéfice de quoi, au bénéfice de qui ? La question est ouverte.
Et brusquement en 1750, alors que l’hôpital général fonctionne depuis cent ans, des enfants entrent et sortent et personne ne se plaint, on se met brusquement à en arrêter en pleine rue.
Qu’est-ce qui se passe ? Moi j’avais cru au départ, comme c’est au moment où le roi cessait de coucher avec la marquise… aberrant, d’accord. Mais il s’est passé quand même quelque chose. Pourquoi brusquement on se met à enlever des enfants dans la rue alors qu’on sait qu’il y a un réservoir sans fin à l’hôpital général. D’ailleurs ça a été reconnu sous le règne de Louis XIV, des gens de l’hôpital général étaient envoyés aux colonies. Il y a eu des rumeurs qui ont dit « mais ces enfants qu’on enlève c’est pour envoyer aux colonies. » Et des gens ont fait cette réflexion frappée au coins du bon sens, « pourquoi voulez-vous en enlever dans la rue pour envoyer aux colonies, alors qu’on sait très bien qu’il y en a qui sont pris à l’hôpital général ». Donc il y a un hiatus, quelque chose se passe qui n’est pas compréhensible, pourquoi on se met à enlever des enfants ?
En fait, ce qui s’est passé, c’est que cette année de 1749, date à laquelle commencent les enlèvements d’enfants, correspond à un changement à la tête de l’hôpital général. Le roi est tellement exaspéré d’entendre toutes ces plaintes sur les malversations, sur les atrocités commises à l’hôpital général, qu’il est allé voir l’archevêque de Paris à qui il a dit « vous allez siéger à l’hôpital général et y mettre de l’ordre. ». Et au moment où l’archevêque de Paris arrive à l’hôpital général pour y mettre de l’ordre, grève générale des magistrats.
Et après on se met à enlever des enfants.
En fait, qu’est-ce que c’est ? Il se passe que il y a au cœur de Paris, il y a une espèce de réservoir sans fin pour toutes les abomination qu’on peut imaginer d’enfants perdus que personne ne réclame, et une magistrature qui a l’œil, la main et le plein pouvoir sur cette institution et un archevêque de Paris qui vient et dit « mais enfin, je siège au titre que sa majesté m’a demandé de siéger, je veux savoir ce qui se passe, je veux voir les comptes » et tout le monde se met en grève ?
Et on se met à enlever des enfants, brusquement ?
Allons allons, qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ?
Et ce qui s’est passé à propos des enlèvements d’enfants c’est qu’ils ont fini par être libérés. Parce que le peuple s’est révolté. Il y a eu un soulèvement.
C’est le soulèvement le plus violent entre la Fronde (c’est une guerre civile, c’est plus qu’un soulèvement la Fronde, mais il y a un tas de manifestations et d’émeutes pendant la Fronde, notamment à Paris). Entre la Fronde et la Révolution française, il y a ce que j’appelle la Marche rouge.
Pourquoi la Marche rouge ? Parce que en Belgique en 1996 il y a eu la Marche blanche, à propos de l’affaire Dutroux, où vous avez des centaines de milliers de Belges qui ont manifesté avec des écharpes blanches, des roses blanches pour protester pour dire leur indignation face aux révélations de maltraitance à enfants et de pédophilie. Et j’ai dit « la marche rouge, » c’est moi qui ai trouvé ce truc là. En fait la révolte des parents en 1750 c’est une marche rouge, parce qu’elle a été sanglante.
Et les enfants ont été relâchés.
Pas tous. J’ai découvert es enfants qui n’ont pas été relâchés, mais la majorité quand même des parents ont retrouvé leurs enfants. Et la marche rouge montre que le peuple de Paris, on ne le connait pas, on ne connaît pas de noms, je suis allée à la rencontre de ce peuple de Paris, en allant dans les archives, d’une part de la Salpêtrière, Bicêtre et la Pitié, et d’autre part dans les archives de la justice pour voir ce que ça a été. Il y a eu un procès, il y a eu des morts pendant la marche rouge. Il y a eu des condamnations à mort, des exécutions. Ça a été un événement considérable au milieu du siècle de Louis XV. D’ailleurs à partir de cette date Louis XV a cessé d’être le bien-aimé. À partir de 1750, Louis XV le bien-aimé c’est fini. C’est Louis XV, point.
Le peuple s’est révolté, il y a eu un soulèvement.
Il a fait la chasse au flic !
Comment faisaient les policiers pour enlever des enfants ? Ils passaient, il y avait trois gars à pied, il y avait une voiture, un carrosse de fiacre qui avançait derrière, et un petit livreur de pain, des gosses qui sortent de classe, et hop ! On les ceinture et on les met dans…
On fait ça une fois, deux fois, trois fois… Les parents qui voient que les enfants ne rentrent pas, ne rentrent pas de l’école, du catéchisme, de l’atelier,
Il y avait des écoles à Paris, il y avait 500 écoles paroissiales, les enfants étaient également enlevés sur le chemin de l’école.
Les affaires au début sont individuelles. Les parents s’affolent, vont au Châtelet, voir le préfet de police et essayent de récupérer leurs gamins, et qui signalent aux uns et aux autres. Et petit à petit l’affaire enfle et à un moment donné il y a un enlèvement de trop, il y a un flic qui se fait prendre en chasse par un père, et le copain, et les voisins, et ça s’est terminé par une chasse à l’homme. Ça a été hallucinant. Ça a été un soulèvement à la fois d’une violence ! Et il y a des témoignages qui disent que par rapport à l’enjeu, les Parisiens ont été raisonnables. Il aurait pu y avoir des centaines de morts.
J’ai beaucoup étudié le cas de Damiens, là je parle de la Marche rouge, mais à l’origine c’est une seule et unique recherche. Damiens était domestique il faisait partie de ce qu’on appelait la livrée.
C’est quoi la livrée ? C’est le costume du domestique, qui le distingue. Quand un domestique sert dans une maison, il a la livrée de la maison. Tous les domestiques, le cocher, le valet, il a le même costume, les mêmes galons, les mêmes couleurs.
Ce qu’on appelait « la livrée », c’était les domestiques. Et les domestiques étaient extrêmement solidaires. Tous les métiers en France étaient organisés en corporations, des menuisiers, des bouquetières, de tout ce que vous voulez. Les domestiques n’avaient pas de corporation. Mais ils avaient un esprit de corps quand même ils étaient très solidaires. Un domestique qui était au chômage il trouvait du boulot comme ça ! Il rencontrait les copains, tout le monde se …
C’est un système qui était d’ailleurs très efficace parce que être recommandé par un valet, ça engageait la parole de celui qui avait recommandé. Quand un maître voyait arriver un valet qui était recommandé par « truc » il savait qu’il pouvait l’affaire faire confiance. Parce que le valet qui n’était pas recommandable, personne ne l’aurait recommandé. Donc il y avait tout un réseau solidaire. Et au moment des enlèvements d’enfants, les domestiques ont pris les armes ! Aux cris de « à moi la livrée ! A moi la livrée ! » ils ont fait la chasse aux enleveurs d’enfants.
Ils en ont fait quelques petits tas sanguinolents, ils en ont quand même tué plusieurs, il y a eu une grosse, grosse émeute très grave au carrefour de la Croix-Rouge. Il y en a eu plusieurs dans le nord de Paris, à l’emplacement actuel de la gare de l’Est, il y en a eu le long de la Seine, et ça s’est terminé qu’il a fallu arrêter.
Le Parlement est entré en scène. Les enlèvements ont arrêté, il y a eu un procès, truqué, abominablement truqué parce qu’il y a des enleveurs d’enfants qui sont arrivés avec des ordres signés du préfet de police (qu’on appelait lieutenant-général de police) disant qu’ils avaient obéi aux ordres. Ça a fait très très mauvais effet. Ils se sont battu comme des diables, on a essayé de les faire taire ils n’ont pas voulu se taire. Mais le procès a quand même eu lieu, et on a pendu trois émeutiers, et condamné les enleveurs d’enfants à trois livres d’amende.
Scandaleux ! Scandaleux ! Et le peuple de Paris, dont on disait régulièrement qu’il était d’accord avec ses magistrats contre le roi, il a dit ce qu’il pensait de ses magistrats ;

Quel pouvait être le lien entre l’affaire des enlèvements d’enfants et Damiens ? L’historien qui avait découvert que la fille de Damiens aurait été enlevée et que ce n’était pas vrai, il donne quand même une source à son information, et c’est dans les papiers du procureur. Il y a un témoignage qui dit que la fille de Damiens a été enlevée en 1750. Et ce témoignage qui est une déposition dans les papiers du procureur, ne s’est pas retrouvé au moment eu procès. Le témoin en question, on ne lui a pas posé la question. C’est quand même bizarre. Il arrive à la geôle, il dit « la fille de Damiens a été enlevée » on arrête la fille de Damiens parce qu’on arrête tout le monde et on ne lui pose pas la question, et ensuite on ne repose pas la question dans le procès. Il y a un truc qu’on cache là.
Et c’est là que j’ai compris que 1) Damiens habitait la Croix-Rouge à l’époque, c’est-à-dire juste en face de là où il y a eu des émeutes, que sa fille a été enlevée, c’est clair
Tout, tout correspond. Et on l’a retiré du procès. C’est là que je vois que le procès de Damiens est truqué. Et qu’il y a nécessairement un lien, si ce n’est entre les émeutes et son geste, il y a un lien dans l’esprit des magistrats entre les émeutes et le fait qu’il faut cacher. Il habitait là en 1750, il habitait à un jet de pierres où ont été massacré…
Il y avait là une rôtisserie à l’angle de la place de la Croix-Rouge, la rôtisserie a volé en éclats, tous les meubles des rôtisseurs ont été passés par les fenêtres, parce que deux enleveurs d’enfants s’étaient réfugiés dans la rôtisserie. Il y a eu une cavalcade, ils sont rentrés dans la rôtisserie, les rôtisseurs ont sorti leurs broches avec des volailles fumantes, les manifestants ont envoyé des coups de pied dans les broches, il y a eu plusieurs morts à cet endroit-là.
La rôtisserie, il n’en est pratiquement rien resté d’entier. Et Damiens était là. Il était là à ce moment-là et on ne lui a jamais posé la question… Allons donc, allons donc ! Il était là à ce moment-là, il habitait là, on n’a pas interrogé son maître, la personne qui a dit que sa fille avait été enlevée n’a pas été réinterrogée,
C’est cousu de fil blanc, c’est ça qu’on veut nous cacher. C’est ça qu’on veut cacher.
C’est quoi les ingrédients ?
Le roi est pédophile, Damiens qui est domestique a les moyens de le savoir, les domestiques parlent aux domestiques, le roi a des domestiques, tous les domestiques se parlent. Tout ce qui se fait à Versailles en 24h de temps tout ce qui s’est fait à Versailles hier soir tout Paris le sait. En plus ce sont des gens qui sont extrêmement solidaires, c’est une sorte de confrérie de gens sympas qui s’entraident et se passent les infos.
On a un réservoir d’enfant, sans fond, où vraisemblablement il y a des affaires de mœurs là-dedan ! Pourquoi est-ce que ces enfants disparaissent ? Depuis toujours. Pourquoi il y en a qui arrivent en pleine santé et trois mois après ils sont morts ? De quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Donc il y a vraisemblablement des affaires de mœurs à l’hôpital, la magistrature qui est opposée, opposée, opposée au roi, tant qu’elle peut, dès que Damiens est arrêté ils disent « majesté on n’est plus fâchés avec vous, on veut absolument que vous nous donniez l’autorisation de juger Damiens. On va s’occuper du cas de Damiens.
Leur façon de s’occuper du cas de Damiens ça a été de tout truquer, de telle sorte qu’on ne sache pas ce qu’il avait à dire.
Le procès Damiens, je l’ai étudié à la loupe, je suis allée jusqu’en Allemagne pour aller chercher les brouillons des dépositions du prince de Croÿ qui avait fait l’enquête. Le prince de Croÿ était un prince de 38 ans qui était gouverneur militaire de la région du nord d’où Damiens était originaire. Trois jours après l’attentat, le ministère a demandé au prince de Croÿ d’aller en Artois c’est-à-dire sur son territoire, dont il était gouverneur, enquêter sur le cas de Damiens. Donc le prince de Croÿ est parti, et il a fait une série de rapports qu’il envoyait. C’était un travail d’enquête absolument extraordinaire, c’est remarquable le prince de Croÿ. En plus c’est un personnage humain, sympathique, chaleureux, absolument adorable. C’est le seul aristocrate qui trouve grâce à mes yeux dans cette histoire abominable. Et il envoyait des rapports réguliers qui ont été présentés aux enquêteurs, aux magistrats instructeurs pour qu’ils préparent leurs interrogatoires, et ensuite l’intégralité des pièces a été publiée, et vendue. Et j’ai fait mon enquête en comparant ce qui a été publié avec ce qui a été envoyé par le procureur général et avec les brouillons du prince de Croÿ. Et c’est là que la vérité éclate. C’est là qu’on peut voir à quel moment les magistrats coupent et ne veulent pas dire la vérité.
C’est par le prince de Croÿ qu’on trouve la vérité.

Je vois plusieurs raisons à l’atrocité du procès de Damiens. Tout ce qu’a fait le prince de Croÿ n’a servi à rien. Le prince était persuadé qu’il n’y avait pas de complot, que Damiens était un type excité, ce qu’il était certainement, il était devenu fou à savoir ce qu’il savait, certainement il avait « pété un câble » comme on dit vulgairement. Donc le prince de Croÿ avait compris ça et dit « ne cherchez pas de complice ». Or les magistrats ont dit « il faut trouver les complices, c’est sûrement les jésuites, sûrement l’Église, ils avaient toujours du mal à dire des ecclésiastiques, qui n’y étaient pour rien dans l’histoire, ça on peut le dire clairement. Donc, une fois que le procès a été truqué, qu’est-ce qu’on fait avec ce gars-là ? D’abord il faut montrer qu’on est plus royaliste que le roi. Le roi voulait qu’on le gracie, ils n’ont pas voulu. Il n’a pas insisté, ça, la lâcheté de Louis XV là-dessus elle n’est pas très glorieuse, mais ce n’est pas lui qui a voulu çà. Le roi n’a jamais demandé qu’on fasse ça, jamais. Il a même essayé d’obtenir qu’on l’étrangle, les magistrats n’ont pas voulu et le roi n’a pas insisté. La chaîne de responsabilité c’est quoi ? C’est les magistrats qui ont voulu cette abomination, et le roi a laissé faire après avoir mollement essayé de l’éviter.
Pourquoi est-ce que les magistrats avaient intérêt à faire une abomination pareille ? Il y a plusieurs choses. D’abord, à bon entendeur, salut. Quiconque est susceptible de tomber sur les mêmes secrets sur lesquels Damiens est tombé (parce que les gens parlaient) voilà ce qui arrivera. C’est public un supplice.
Et deuxièmement, on avait affaire à des salopards. Ils se sont rincé l’œil, de toute évidence. Parce que on a dit, et Voltaire n’est pas le dernier à avoir raconté des horreurs là-dessus, que c’était un spectacle très prisé. Prisé de rien du tout. Le peuple grondait, il était tenu à distance par la force armée, de toute façon l’échafaud de Damiens était posé à 70cm du sol, comme il y avait une haie de garde autour, personne n’y pouvait voir. Sauf les gens qui étaient aux fenêtres ; ceux qui étaient aux fenêtres sont ceux qui avaient payé, parce qu’il y a toujours des salopards pour aller se rincer l’œil d’abominations…
C’est public, un supplice est public et je ne suis pas sûre que les gens ont vraiment le choix d’y aller ou pas.
Ceux qui l’ont mis en place étaient aux premières loges. Ils étaient en haut des marches de l’hôtel de ville, et ils n’ont rien loupé, ils n’en ont pas loupé une miette. Et le supplice de Damiens a été tellement abominable qu’on ne trouvait pas de bourreau pour procéder. Le bourreau en chef est tombé dans les pommes, le deuxième était ivre-mort, c’est hallucinant.
Et eux… le souffre, le plomb fondu, une horreur, une abomination !
La deuxième raison c’est que ces gens appréciaient. Il y a une chose qu’il faut savoir c’est qu’au moment où le procès a commencé, le Parlement de Paris était en grève. Donc la majorité des magistrats qui étaient en grève au moment de l’attentat n’ont pas siégé. Ceux qui ont siégé n’étaient pas grévistes, ça faisait un petit tribunal, il n’y avait pas suffisamment de juges. On est allé chercher les princes et les pairs du royaume, c’est-à-dire les grandes familles du royaume, qui pouvaient siéger de droit pour le procès. Ils sont venus, ce n’est pas eux qui ont dirigé les débats, ce sont les magistrats, et ils n’ont pas voulu assister au supplice. Ceux qui ont assisté au supplice sont les magistrats. Les magistrats jansénistes, jansénistes. Les donneurs de leçons, les plus papistes que le pape, et plus royalistes que le roi. Ils ont assisté au supplice, c’est eux qui l’ont voulu, c’est eux qui l’ont manigancé, c’est eux qui l’ont écrit, c’est eux qui l’ont fait appliquer, et ils y ont assisté jusqu’à la fin.
Et c’est une atrocité sans nom.

7 Comments

  • ANNICK 30 décembre 2015 Reply

    J’adore votre travail , il est certain que votre analyse historique dérange . Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’elle soit validée par les supos du pouvoir. Cela remet en cause la légitimité même du système sur lequel ce pouvoir s’est établit . Je n’ai jamais aimé Voltaire et toujours trouvé louche l’hypocrisie des lumières qui regorge de périodes toutes plus sombres les unes que les autres. Merci d’éclaircir enfin cette période et de mettre à jours les vérités que l’on nous cachait . j’aime à penser que cela libère les âmes du passé . Qui connait bien son histoire avance en conscience et avec lucidité … Merci Marion , merci pour nous tous … Bonne fin d’année …

  • Defossez Marie-Laure 12 janvier 2016 Reply

    Merci de m’avoir réconciliée avec l’Histoire, je me régale de vos conférences
    je vous souhaite beaucoup de moments de bonheur en cette nouvelle année!!
    Haut les coeurs!
    Marie-Laure

  • bertin 16 janvier 2016 Reply

    Je vous retrouve à nouveau,
    fougueuse,avec cette soif de vérité,
    cette révolte contre les manipulateurs…
    Bravo !

  • Âne Onyme 11 avril 2016 Reply

    Vous avez omis de souligner par la couleur ce passage-ci : « Des bigots donneurs de leçons qui partouzaient en privé et qui donnaient des leçons de morale en public. »

    Le résumé qui a été fait de votre propos transforme un contenu cohérent et argumenté en étouffe-chrétien peu compréhensible, et suggère que ceux qui ont assisté à votre conférence vous auraient tenue pour extravagante, ce que le texte intégral réfute. Je ne sais ce qui, de l’ahurissante incompétence ou du partisanisme, justifie une telle œuvre de refonte, mais à l’évidence ce n’est certes pas la communion spirituelle !

    Concrètement, Wikipédia vous conteste le titre d’historienne. Un des arguments les plus faux, ou les plus sots qu’on emploie contre vous est que le titre d’historien suggérerait « au public » l’objectivité. D’abord, de tels montages ne retirent rien à votre objectivité (qui se sent morveux, qu’il se mouche, et rudement !). Ensuite, le public équivaut à « on ». Qui est ce « public », qui croirait que le mot historien impliquerait l’objectivité ? Enfin, c’est bien le titre d’historien que reconnaît Wikipédia à des hommes qui, au cours de la carrière, ont fait preuve de tout, sauf d’objectivité. Que Wikipédia retire donc, s’il s’agit d’objectivité, leur indiscutable titre d’historien au frère-la-grattouille Edward Gibbon (remarquable, d’ailleurs, malgré son partisanisme), à Henri Guillemin (l’homme qui, jusqu’au bout, sembla tout ignorer des victimes de la collectivisation soviétique, de l’atroce répression de l’Iéjovchtchina, du renforcement de la terreur des goulags au cours des années trente…).

    S’il faut être objectif pour mériter le titre d’historien selon Wikipédia, que cette encyclopédie le retire à presque tous les historiens du passé et du présent, et ne le conserve qu’à une infime minorité d’entre eux ; et Mme Sigaut serait alors, à mon sens, du petit nombre de ceux auxquels leur œuvre pourrait, justement, mériter cet honneur.

  • corinne 10 octobre 2017 Reply

    Bonjour Marion,
    Cet article date mais j’en fais écho sur mon twitter et ma page FB. Il est ensuite assez amusant de voir Wikipédia faire un appel au don pour pouvoir continuer d’exister. Vous voyez finalement, leurs mensonges les perdront.
    Continuez on nous soutien

    • Marion Sigaut 11 octobre 2017 Reply

      Merci Corinne. Je regarde aussi avec perplexité leur appel aux dons…
      Belle journée à vous.

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